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PMA : comment trouver sa place quand on ne porte pas l'enfant ?

  • Photo du rédacteur: Youmites
    Youmites
  • 4 juin
  • 5 min de lecture

Dernière mise à jour : 9 juin


Dans un parcours PMA, l'attention est souvent tournée vers la personne qui reçoit les traitements, les examens médicaux ou qui porte la grossesse.

Pourtant, derrière chaque parcours se trouve souvent une autre personne qui vit également cette aventure.


Qu'il s'agisse d'un conjoint, d'une conjointe ou d'un partenaire, ne pas porter l'enfant ne signifie pas vivre la PMA de loin. Bien au contraire.

Les rendez-vous, l'attente, les espoirs, les déceptions, les doutes et les joies se vivent souvent à deux.


Alors comment trouver sa place lorsque l'on ne porte pas l'enfant ?



Une implication différente, mais tout aussi réelle


Lorsque l'on ne porte pas la grossesse, il est parfois difficile de savoir quelle est sa place.

Certaines personnes ressentent même un sentiment d'impuissance.


Elles aimeraient aider davantage, soulager leur partenaire ou prendre une partie de la charge émotionnelle, mais se retrouvent souvent face à une réalité qu'elles ne peuvent pas contrôler.


Et pourtant, leur rôle est essentiel.

Être présent lors d'un rendez-vous médical, écouter après une journée difficile, gérer l'organisation du parcours ou simplement tenir la main de son partenaire peut avoir bien plus d'importance qu'on ne l'imagine.



La PMA peut être éprouvante pour les deux partenaires


On parle souvent des injections, des traitements ou des effets secondaires.


Mais on évoque plus rarement les émotions ressenties par la personne qui ne porte pas l'enfant :


  • La peur d'un échec.

  • L'inquiétude face aux résultats.

  • Le sentiment de ne pas toujours savoir quoi dire.

  • L'envie de rester fort pour soutenir l'autre.


Toutes ces émotions sont légitimes.

Il n'existe pas de hiérarchie dans la souffrance ou dans l'espoir. Chaque partenaire traverse cette période à sa manière.



Le sentiment de ne pas être légitime


Il arrive également que la personne qui ne porte pas l'enfant ait le sentiment de ne pas être légitime dans ses émotions.


Par peur de prendre trop de place, certaines personnes gardent leurs inquiétudes, leurs peurs ou leurs déceptions pour elles.


Elles peuvent avoir l'impression que leurs ressentis sont moins importants ou qu'elles n'ont pas le droit de se plaindre puisque ce n'est pas leur corps qui subit les traitements.

Ce sentiment peut parfois conduire à un véritable isolement émotionnel.


Pourtant, vivre un parcours PMA sans porter l'enfant ne signifie pas vivre ce projet avec moins d'intensité. Les espoirs, les peurs et les déceptions sont souvent partagés, même lorsqu'ils s'expriment différemment.



Quand l'entourage renforce involontairement ce sentiment


Parfois, ce sentiment d'illégitimité ne vient pas uniquement de soi-même.


Certaines remarques de l'entourage, même prononcées sans mauvaise intention, peuvent renforcer l'impression que seul le partenaire qui porte l'enfant traverse réellement le parcours PMA.


Des phrases comme :


  • « Toi, au moins, tu n'as pas les traitements. »

  • « C'est plus difficile pour elle que pour toi. »

  • « Tu ne peux pas vraiment comprendre ce qu'elle vit. »

peuvent être particulièrement blessantes.


Bien sûr, chaque partenaire vit la PMA différemment et les réalités médicales ne sont pas les mêmes. Mais cela ne signifie pas que l'un souffre et que l'autre observe simplement la situation de l'extérieur.


La personne qui ne porte pas l'enfant peut elle aussi ressentir de l'inquiétude, de la frustration, de la peur, de la fatigue émotionnelle ou encore une immense pression face à l'avenir.


Entendre que ses émotions sont moins importantes ou moins légitimes peut parfois créer un sentiment d'exclusion dans un projet qui est pourtant construit à deux.



Gérer ses émotions… et parfois celles de son partenaire


Le partenaire qui ne porte pas l'enfant doit également faire face à une réalité dont on parle peu : les conséquences émotionnelles et hormonales que la PMA peut parfois entraîner.


Les traitements, l'attente, la fatigue ou le stress peuvent provoquer des changements d'humeur, une plus grande sensibilité émotionnelle ou des réactions inhabituelles chez la personne qui les reçoit.


Le partenaire se retrouve alors parfois dans une position délicate.


Il doit gérer ses propres inquiétudes, ses propres espoirs et ses propres peurs, tout en essayant d'accompagner au mieux la personne qu'il aime.

Vouloir soutenir l'autre sans s'oublier soi-même demande beaucoup d'énergie, de patience et de bienveillance.


C'est aussi pour cette raison qu'il est essentiel que chacun puisse exprimer librement ses émotions tout au long du parcours.



Dans certains parcours, l'implication est aussi physique


Si la personne qui porte l'enfant est souvent au centre du suivi médical, certains parcours impliquent également très directement l'autre partenaire.


C'est notamment le cas dans certaines PMA réalisées en couple de femmes, comme la méthode ROPA.


Dans ce type de parcours, l'une des partenaires peut suivre une stimulation ovarienne, subir des examens médicaux, recevoir des injections quotidiennes ou réaliser une ponction ovocytaire, tandis que l'autre portera la grossesse.


Les rôles sont alors différents, mais l'investissement physique et émotionnel peut être considérable des deux côtés.


Même dans les parcours où un seul partenaire reçoit les traitements, il n'est pas rare que l'autre participe activement aux injections, à la gestion des rendez-vous, au suivi médical ou à l'organisation du quotidien.


La PMA est rarement l'histoire d'une seule personne. Derrière chaque parcours se cache souvent une équipe de deux personnes qui avancent ensemble vers le même objectif.



Ne pas oublier le couple


Quand la PMA s'installe dans le quotidien, elle peut rapidement prendre toute la place.

Les discussions tournent autour des rendez-vous, des résultats, des traitements ou des dates importantes.


Petit à petit, le couple peut avoir l'impression de devenir uniquement un « couple en parcours PMA ».


Préserver des moments à deux reste pourtant essentiel.


  • Une promenade.

  • Un restaurant.

  • Un week-end improvisé.

  • Ou simplement une soirée sans parler de PMA.


Ces moments permettent de se rappeler que le projet d'enfant est une partie de l'histoire du couple, mais qu'il ne résume pas toute son histoire.



L'importance des gestes qui ne se voient pas


Beaucoup de partenaires se demandent parfois s'ils seront aussi légitimes que la personne qui porte l'enfant.


La réalité est que leur place se construit dès le premier jour du parcours.


  • Elle se construit dans les rendez-vous.

  • Dans les kilomètres parcourus.

  • Dans les nuits d'attente.

  • Dans les espoirs partagés.

  • Dans les moments de doute.


Et c'est dans tous ces gestes qui passent parfois inaperçus, qui rendent le chemin plus facile à parcourir.



Chaque histoire se construit avec amour, bien avant la naissance


Chez Youmites, nous avons découvert au fil de notre propre parcours PMA et des nombreux témoignages que nous avons recueillis qu'une famille ne se construit pas uniquement à travers une grossesse.


Elle se construit aussi à travers les émotions vécues ensemble, les obstacles traversés à deux et tous les souvenirs créés avant même l'arrivée d'un enfant.


Parce que même lorsque l'on ne porte pas l'enfant, on porte souvent les mêmes espoirs, les mêmes peurs et une partie de son histoire bien avant sa naissance.



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